Par un après-midi en attente de l’été, Uranie et moi pataugions dans le bain tourbillon situé sur la terrasse du deuxième étage d’un Manoir de la vallée du Richelieu inondée par les crues tardives du printemps.

De temps à autre, le soleil réussissait à percer les nuages sombres.  Les nuées grisâtres résistèrent si bien qu’il se mit à pleuvoir.

Nous tirâmes une partie du couvercle pour nous protéger. La tête à l’abri sur les accoudoirs, le corps allongé sous l’eau chaude, nous examinions le crépitement, le bondissement et le ricochet aux allures royales des gouttes d’eau sautillantes sur la surface fumeuse.

La froideur de l’averse dégagea la vapeur. Nous échangions sur la pluie et le beau temps tout en mijotant dans ce sauna liquide. La pluie cessa bientôt. Les nuages se dissipèrent et le soleil s’échappa par les trouées.

Soudain, la lectrice des astres me fit signe. Je suivis la direction de son index.

Devant nous, un arc-en-ciel se tendait en partie sur l’azur, en partie sur la grisaille d’un nuage. Le vent s’éleva et chassa lentement la masse gazeuse de laquelle émergea totalement l’écharpe multicolore d’Iris.

Un spectacle magnifique mais en partie voilé par l’emprise du cerveau, que les primitifs ignoraient, vivants dans une nature dépouillée de toute pollution mentale et d’influence cérébrale.

L’intuition reprit ses  droits. Les sept couleurs du prisme s’ordonnèrent dans l’ordre des sept notes de la gamme car, dans des sphères incommensurables,  son et couleur ne font qu’un. Mon esprit syntonisé à l’instant présent venait  d’entrer dans la double vibration de l’onde d’Aquarius.

Nous étions en état de grâce à l’instar de Julie Snyder. Dernièrement, la pétillante animatrice et productrice avait expérimenté, en immersion psychique,  l’univers du  merveilleux de ses enfants et en avait crié sa joie sur Twitter. À notre tour, nous étions bénis des dieux d’avoir reçu la vision pinkfloydienne des couleurs sonores pigmentées par les petits et grands êtres de l’essentialité.

Alors, ma plume de Cygne plongea dans cette ondée de grâce poétique pour tracer ces vers sur le parchemin du temps.

 

Ondes.

 

Sons d'or et couleurs sonores, bessons nés d'une:

Do rouge, Ré Orange, Mi jaune, Fa vert,

Sol bleu, La indigo, Si violet. Sept, Neptune

D'ondes, rayons de la splendeur de l'Univers.

 

Rouge de l'aurore, feu de l'exubérance;

Orange fruité; Jaune doré du soleil

Irradiant la chaleur; Vert de l'espérance,

Paix des jours agités et repos sans sommeil;

 

Bleu lumineux d'azur apaisant les douleurs;

Indigo du crépuscule, velours de fleurs

D'étoiles; Violet pur de l'aura du Sage.

 

Dans la Force originelle et dans l'harmonie,

lA si Bonne muse, douCe oréaDe amiE,

Fait et solfie la Gamme Humble du Message.

 

Je  signai le poème d’un de mes pseudonymes :

Loherangrin,  @copyright mai 92

Une des rares fois où l’iridescente traînée lumineuse aperçue avait colorié le ciel de ma région, l’un de ses pieds s’était ancré dans ma cour près de l’orée du bois, à l’occasion de la fête de Mathieu, le plus âgé de mes petits enfants.

Normand Pelletier